La Mère VITTET – Portrait

La Mère VITTET – Portrait

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au nom de ces dames.

 

Zoom sur la Mère Vittet (1905-1989), la dernière « mère » de la gastronomie lyonnaise.

À la fin de la Grande Guerre, Alice Jeanne Rigot quitte son Isère natale pour Lyon où sa grand-Mère tient une buvette. Elle a treize ans lorsqu’elle devient vendeuse pour les établissements Reynier, marchands d’oeufs, beurre et fromages, aux Halles des Cordeliers. Consciencieuse, elle apprend l’art du commerce, développe un bon relationnel avec le client et a un talent certain pour la composition de plateaux fromagers. Les clients la remarquent, tout comme Henry Vittet, garçon de courses, qui en tombe amoureux. En 1926, le jeune couple se marie. Les époux Vittet tiennent alors un magasin dans le quartier des Brotteaux. Puis en 1928, ils ouvrent une fromagerie aux halles des Cordeliers.Mere-Vittet

En 1945, Alice et Henry achètent le Café du Marché, rue de la Bourse. La cuisine y est typiquement lyonnaise.

À la mort de son mari, Madame Vittet, prend la gérance du « Majestic Bistrot », rue de la République. Puis en 1957, elle achète le Café Sage, 26 cours de Verdun. Elle le transformera en « Brasserie lyonnaise » et son fils Jean Vittet baptisera la maison en 1981: « La Mère Vittet ».

Etablissement

Madame Vittet a le sens des affaires et fait un coup de maître en ouvrant son établissement sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le service est assuré par le roulement de deux équipes, en salle comme en cuisine. La mère Vittet, accueille jusqu’à 500 personnes et propose ses célèbres plats : gratin d’écrevisse, escalope de saumon à l’oseille, mousseline de sandre et turbot en écaille de pommes de terre.

Les clients viennent chez Madame Vittet pour la convivialité, un échange avec la mère qui, depuis la caisse, orchestre les opérations. Rien ne lui échappe, elle régente tout : « Le travail doit être parfait ».

Dans les années cinquante, les gones et particulièrement les étudiants en médecine viennent chahuter à la brasserie, sous le regard complice et amusé de la « petite mère ». « Elle était très autoritaire, mais elle avait un cœur d’or » a dit d’elle Jean Poitoux, son ancien chef de cuisine.

 

La mère Vittet aime les rencontres, surtout la nuit lorsque la clientèle est plus hétérogène : artistes, hommes politiques et du spectacle, côtoient « monsieur tout le monde » qui débarque du train pour assouvir un petit creux. Tous sont traités avec les mêmes égards. Ils le savent lorsqu’ils choisissent l’établissement du quartier Perrache, dont la renommée est indissociable de l’esprit lyonnais.

Alice Vittet est décédée en 1989. Elle a beaucoup œuvré pour la cuisine lyonnaise et a acquis sa popularité en sillonnant la ville, de quartier en quartier, abordant tout type de clientèle, faisant de sa personnalité une force. Son restaurant était l’un des plus courus de la ville dans les années 70 et 80.

merevittet

Repris en 2007, le restaurant a été nommé en hommage à la Mère lyonnaise : Le Carré Vittet. Il a gardé les fondamentaux : le service est assuré assez tard dans la nuit et la cuisine fait la part belle aux classiques plats lyonnais.  

 

 

Sources :

Mémoire de maîtrise de Dominique BRUNET, Lyon et les mères lyonnaises, soutenu en 1997 à l'université Jean Moulin Lyon III.
"Perrache perd sa mère" / Catherine Guinard in Lyon Figaro
Wikipédia et Google Images

 

 

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