« Mères Lyonnaises » – La Mère BIZOLON »

« Mères Lyonnaises » – La Mère BIZOLON »

Actualité Mères Lyonnaises

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon- Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au nom de ces dames

Zoom sur la Mère Bizolon, « La maman des poilus »

 

 La « mère Bizolon » est née Clotilde Thévenet, en 1871, dans le village de Coligny, à la limite de l’Ain et du Jura.
Elle épouse le cordonnier Bizolon et un fils, Georges, nait de cette union en 1891. La famille s’installe à Lyon, dans le quartier de Perrache, où le cordonnier ouvre sa boutique.

En 1914, Georges est mobilisé et envoyé au front. Veuve depuis peu, et désormais seule, Clotilde Bizolon décide à sa façon de soutenir le moral des troupes.

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 Avec l’aide d’amis et de voisins, elle crée une buvette de plein air (« un pied humide », en langage des gones) dans le hall de la gare de Perrache, à Lyon. À ce comptoir fait de bric et de broc, de quelques planches et de tonneaux, Clotilde Bizolon sert gratuitement aux soldats en transit de quoi se restaurer : café, vin, pain, bouillon… Elle leur prodigue encouragements et réconfort : « Venez les petits, n’ayez craintes, ici, c’est gratuit », tels sont ses mots. Pour la remercier de sa générosité, les soldats lui chantent « La Madelon » et déposent quelques pièces dans une timbale en fer blanc.

 

 

Son fils est tué au front en 1915. Elle lui fit la promesse de poursuivre son action, même s’il venait à disparaître et elle tient parole. Elle remue ciel et terre pour continuer à offrir dignement le « Le Déjeuner du soldat », en s’appuyant sur la générosité des combattants, de ses amBIZOLON Clotilde4is et voisins ainsi que sur les dons d’un riche donateur américain, John Jacob Hoff.

S’ajoute, après bien des démarches, l’aide de la municipalité. Elle fait alors élever devant la gare un abri en dur avec parois en bois, toit de zinc et cheminée pour installer son énorme cafetière. Clotilde est devenue une gloire locale que les soldats et Lyonnais baptisent la « mère Bizolon » ou « la maman des poilus ». Elle devient de plus en plus populaire et sa renommée attire les journalistes qui cherchent à la rencontrer.

Quand arrive l’armistice, à l’automne 1918, la Mère Bizolon revêt, au lieu de son habituelle robe noire, une robe au large col blanc, souvenir des jours heureux d’avant-guerre.

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C’est la fin du conflit mais non le repos pour l’infatigable bienfaitrice, volontaire et pleine d’énergie.
Elle transforme alors l’ancienne boutique de cordonnier de son mari en un modeste « bouchon lyonnais » qui accueille entre autres, les soldats démobilisés. Elle s’active aussi dans différentes œuvres charitables, rend service aux personnes âgées et garde les enfants du quartier.

En mai 1925, Édouard Herriot, maire de Lyon et alors Président du Conseil des ministres, la décore de la Croix de Chevalier de la Légion d’honneur pour service rendu à la nation.

Elle reprend son action en faveur des soldats au début de la Seconde Guerre mondiale

Malgré la fatigue, une santé chancelante et le poids des années, Clotilde Bizolon rouvre sa cantine devant la gare, et n’hésite pas à loger chez elle ceux qui le lui demandent. Certains s’inquiètent des individus douteux qui l’entourent, implorant sa compassion.

 Manifestement agressée à son domicile par un inconnu, elle décède le 3 mars 1940 à l’Hôtel-Dieu de Lyon.

Un singulier personnage, connu pour son agilité et recherché pour plusieurs cambriolages est arrêté. Toutefois, aujourd’hui encore, le mystère subsiste quant à son réel assassin.

Par sa modestie et sa notoriété, Clotilde Bizolon devint très célèbre pour les Lyonnais qui se recueillirent en nombre à son enterrement, pris en charge par la ville de Lyon.

Après la Seconde Guerre mondiale, une plaque commémorative rappelant son dévouement a été apposée en gare de Lyon-Perrache.
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Plus tard, Lyon inaugura la rue « Clotilde-Bizolon » dans le 2ème arrondissement, au cœur du quartier d’Ainay.

 

Sources :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Clotilde_Bizolon
http://www.leprogres.fr/actualite/2011/08/04/clotilde-bizolon-la-maman-des-poilus
http://www.janinetissot.fdaf.org/jt_bizolon.htm
http://www.militaria1940.fr/t2483-le-dejeuner-gratuit-du-soldat-chez-clotilde-bizolon-lyon-perrache
http://atelier-histoire.ens-lyon.fr/AtelierHistoire/episodes/view/150
http://www.lamerebizolon.com/
https://defigrandesecoles.lexpress.fr/lyon-2016/2016/11/29/lhistoire-de-lyon-dessinee-par-de-grandes-femmes/
http://wikiplm.railsdautrefois.fr/wikiPLM/index.php?title=Bizolon_Clotilde,_%22Maman_des_poilus%22_%C3%A0_Lyon-Perrache
« Mères Lyonnaises » : La Grande Marcelle – Portrait

« Mères Lyonnaises » : La Grande Marcelle – Portrait

Mères Lyonnaises

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon- Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au nom de ces dames

 Zoom sur Le Grande Marcelle

 Marcelle Bramy est décédée en juin 2005 après être restée derrière les fourneaux plus d’un demi-siècle.

Grande et belle dame, joyeuse comme une collégienne, à la voix un peu voilée, au sourire et aux yeux amicaux, elle se voit surnommée la « grande Marcelle » par ses fidèles clients et amis.

Dans l’immédiat après-guerre, elle ouvre son « Bouchon Chez Marcelle » au 71 cours Vitton dans le quartier des Brotteaux.

Cette grande héritière de la tradition lyonnaise maîtrise l’art de la cuisine simple, à base de produits soigneusement sélectionnés : saladiers lyonnais, foie de veau, andouillette, tripes, tablier de sapeur, flan au caramel, tarte aux pommes.

Chez Marcelle est un bouchon aux airs de rade de quartier des années 50. Le lieu ressemble à un long couloir dans lequel se dressent des tables.

Il y a la cuisine par laquelle, il faut passer pour atteindre la seconde salle, les toilettes dans le patio, les banquettes, le comptoir. Derrière ce comptoir officie Guy, le mari de Marcelle, qui sert Ricard et coupes de champagne avant que la grande dame nous installe à table. Dans la cuisine, Lola mitonne depuis deux décennies, des salade de lentilles, pommes de terre à la morue, foies de veau poêlés à l’ail et persil, crèmes caramel et tartes aux pralines qui régalent le tout Lyon, venu s’encanailler dans la bonne humeur.

Dans ses heures de gloire, les banquettes en moleskine larges et confortables accueillent de fidèles clients, qui gèrent les affaires de la ville. De Raymond Barre à Francisque Collomb en passant par Charles Béraudier, toute la ville se joue dans la pièce de la grande Marcelle. Ici se signent et se fêtent les contrats fructueux. De nombreux publicitaires, imprimeurs, photograveurs, avocats et juges, mais surtout beaucoup d’entrepreneurs de marchés publics et de fonctionnaires ou élus du Grand Lyon s’attablent devant une énorme entrecôte ou des tripes à la tomate.

Les saladiers lyonnais s’organisaient sur la table avec les couverts piqués dans les carottes râpées. En cuisine deux dames s’affairaient pour poêler le foie de veau, préparer un gratin Parmentier, des pommes de terre rissolées, des terrines…

La grande Marcelle qui avait son caractère, règne sur ce petit monde venu pour elle mais aussi pour sa savoureuse cuisine.

La Grande Marcelle, est un théâtre à elle seule. Mais la tragédie la frappa en 2002 quand elle perdit sa fille Arlette d’un cancer. Elle décéda trois ans plus tard, minée par une longue et douloureuse maladie.

 Son ami Alain Jarry, se vit remettre les clés du restaurant peu de temps avant sa mort en mai 2005.

Toutefois la maison ne résistera pas à son départ et fut transformée en bar (Le Saint Barth), aujourd’hui fermé.

Après un enterrement en catimini à la Rédemption, les cendres de la Grande Marcelle furent dispersées en Savoie, d’où elle était originaire.

 

Sources :
https://issuu.com/lyonpeople/docs/lp_juin_2016/113
 http://www.cuisine-des-gones.com/les-meres.html
https://defigrandesecoles.lexpress.fr/lyon-2016/2016/11/29/lhistoire-de-lyon-dessinee-par-de-grandes-femmes/
http://www.lepoint.fr/tendances-gastronomie/2007-01-22/jacotte-marcelle-lea-et-les-autres/1559/0/68712
Wikipédia et Google Images

 

 

La Mère VITTET – Portrait

La Mère VITTET – Portrait

Actualité Mères Lyonnaises

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au nom de ces dames.

 

Zoom sur la Mère Vittet (1905-1989), la dernière « mère » de la gastronomie lyonnaise.

À la fin de la Grande Guerre, Alice Jeanne Rigot quitte son Isère natale pour Lyon où sa grand-Mère tient une buvette. Elle a treize ans lorsqu’elle devient vendeuse pour les établissements Reynier, marchands d’oeufs, beurre et fromages, aux Halles des Cordeliers. Consciencieuse, elle apprend l’art du commerce, développe un bon relationnel avec le client et a un talent certain pour la composition de plateaux fromagers. Les clients la remarquent, tout comme Henry Vittet, garçon de courses, qui en tombe amoureux. En 1926, le jeune couple se marie. Les époux Vittet tiennent alors un magasin dans le quartier des Brotteaux. Puis en 1928, ils ouvrent une fromagerie aux halles des Cordeliers.Mere-Vittet

En 1945, Alice et Henry achètent le Café du Marché, rue de la Bourse. La cuisine y est typiquement lyonnaise.

À la mort de son mari, Madame Vittet, prend la gérance du « Majestic Bistrot », rue de la République. Puis en 1957, elle achète le Café Sage, 26 cours de Verdun. Elle le transformera en « Brasserie lyonnaise » et son fils Jean Vittet baptisera la maison en 1981: « La Mère Vittet ».

Etablissement

Madame Vittet a le sens des affaires et fait un coup de maître en ouvrant son établissement sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le service est assuré par le roulement de deux équipes, en salle comme en cuisine. La mère Vittet, accueille jusqu’à 500 personnes et propose ses célèbres plats : gratin d’écrevisse, escalope de saumon à l’oseille, mousseline de sandre et turbot en écaille de pommes de terre.

Les clients viennent chez Madame Vittet pour la convivialité, un échange avec la mère qui, depuis la caisse, orchestre les opérations. Rien ne lui échappe, elle régente tout : « Le travail doit être parfait ».

Dans les années cinquante, les gones et particulièrement les étudiants en médecine viennent chahuter à la brasserie, sous le regard complice et amusé de la « petite mère ». « Elle était très autoritaire, mais elle avait un cœur d’or » a dit d’elle Jean Poitoux, son ancien chef de cuisine.

 

La mère Vittet aime les rencontres, surtout la nuit lorsque la clientèle est plus hétérogène : artistes, hommes politiques et du spectacle, côtoient « monsieur tout le monde » qui débarque du train pour assouvir un petit creux. Tous sont traités avec les mêmes égards. Ils le savent lorsqu’ils choisissent l’établissement du quartier Perrache, dont la renommée est indissociable de l’esprit lyonnais.

Alice Vittet est décédée en 1989. Elle a beaucoup œuvré pour la cuisine lyonnaise et a acquis sa popularité en sillonnant la ville, de quartier en quartier, abordant tout type de clientèle, faisant de sa personnalité une force. Son restaurant était l’un des plus courus de la ville dans les années 70 et 80.

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Repris en 2007, le restaurant a été nommé en hommage à la Mère lyonnaise : Le Carré Vittet. Il a gardé les fondamentaux : le service est assuré assez tard dans la nuit et la cuisine fait la part belle aux classiques plats lyonnais.  

 

 

Sources :

Mémoire de maîtrise de Dominique BRUNET, Lyon et les mères lyonnaises, soutenu en 1997 à l'université Jean Moulin Lyon III.
"Perrache perd sa mère" / Catherine Guinard in Lyon Figaro
Wikipédia et Google Images

 

 

La Mère FILLIOUX – Portrait

La Mère FILLIOUX – Portrait

Actualité Inspiration Mères Lyonnaises

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon- Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au nom de ces dames


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Zoom sur la Mère Fillioux, « La Reine des Poulardes »

La Mère la plus célèbre du début du siècle est certainement la Mère Fillioux. De son vrai nom Françoise Fayolle, elle est née à Cunlhat dans le Puy de Dôme, le 2 décembre 1865. Après avoir fait ses premières armes dans la cuisine de bourgeois grenoblois, elle officia durant une dizaine d’années chez un directeur d’assurances à Lyon. Avec son mari, Louis Fillioux, ils rachetèrent un fonds de commerce au 73 rue Duquesne dans le 6e arrondissement de Lyon. L’échoppe de marchand de vin de départ devint le : « Café – Restaurant Fillioux » dans lequel la Mère Fillioux se plaça derrière les fourneaux. A ses débuts, elle régala, les ouvriers du quartier avec une cuisine lyonnaise traditionnelle : beaucoup de charcuterie, des abats, des plats mijotés, du beurre, de la crème fraîche et des pommes de terre.

Puis, sa cuisine évolue grâce aux facilités d’approvisionnement en produits de qualité mais aussi à sa notoriété qui lui amène une clientèle bourgeoise et d’affaires. La mère Fillioux recevait effectivement les négociants et industriels de la rive gauche du Rhône.

L’ « impératrice des Mères lyonnaises » fut aussi la patronne et formatrice d’Eugénie Brazier (la Mère Brazier). Elle la guida vers les hauts sommets de la gloire culinaire. 

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Les Mères Fillioux et Brazier cherchaient à atteindre la perfection dans la réalisation d’une recette. C’est à l’aide d’une carte très restreinte qu’elles ont pu y parvenir, se consacrant pleinement à une seule et même préparation souvent longue. A ce titre, le menu de la mère Fillioux fut presque le même tous les jours de l’année : potage velouté aux truffes, quenelles au gratin au beurre d’écrevisses, volaille demi-deuil, fonds d’artichaut aux foies gras truffés.

 

 

 La poularde de la mère Fillioux acquit une telle notoriété qu’elle dépassa les limites de Lyon. Des poulardes, la légende dit qu’elle en découpa, durant sa vie entière, plus de 500.000, et ce avec le même couple de couteaux. Elle les faisait cuire par quinzaine à la fois, en conservant sans cesse le bouillon de cuisson d’une quinzaine à l’autre.

Les mères Fillioux et Brazier ont tenu des restaurants lyonnais typiques, discrets à l’extérieur et sobres à l’intérieur pour plaire aux autochtones qui appréciaient tant la simplicité et l’intimité.

Le cadre était sans prétention, la verrerie épaisse, la vaisselle plutôt grossière, le mobilier en bois de petite dimension, le plancher couvert de sciures. Les clients étaient serrés à huit ou dix autour d’une même table. Toutefois, dans cette atmosphère feutrée et souvent bruyante, la présence de la maîtresse de maison s’imposait. D’une part, parce que la cuisine était placée au milieu du local. D’autre part, parce que la Mère gèrait à elle seule la bonne « marche » de sa Maison, assurant le service et veillant au bien-être des clients. La chaleur dans le restaurant était amenée par la bonhommie de sa tenancière et la proximité des fourneaux dont s’échappaient de délicieuses odeurs qui parfois allaient jusque dans la rue.

Le père Fillioux quant à lui, remplissait les pots de vin à la demande des clients.
Le couple eu cinq filles qui naturellement furent embauchées pour le travail en salle.

 

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A la fin du XIXe siècle, le lieu alors nommé « La Belle Époque » devint l’un des restaurants gastronomiques les plus réputés de Lyon, entre les tables duquel cette forte femme au chignon soigné, promenait sa robe que les clients avaient surnommée « la balayeuse ».

 

 

 

 Depuis l’après-guerre, le restaurant qui avait repris en 1916 par le gendre des Fillioux, Désiré Fréchin, a été démoli. Une plaque en mémoire à cette institution demeure cependant au 73 rue Dusquene à Lyon.

 
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Anecdote : La légende dit que la Mère Fillioux n’aurait utilisé de sa vie que deux couteaux dont l’un est visible au musée de la Gastronomie, à Villeneuve-Loubet dans les Alpes-Maritimes

Bonus : le Mère Fillioux revendique le fait d’avoir préparé à la perfection la volaille demi-deuil. Nous vous en livrons ici sa recette généreusement donnée aux bons clients :

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« II faut la relire et la méditer. Choisir une belle volaille, de préférence de Louhans, bien grasse et tendre, de dix-huit cents grammes environ ; la truffer en lui glissant sous la peau des lames de truffes *131 . Plier ensuite la volaille dans un linge fin et la ficeler légèrement. Mettre la volaille dans un bouillon *132 de jarret de veau aux poireaux et aux carottes et la faire bouillir quinze minutes ; la laisser ensuite dans son bouillon pendant vingt minutes, et la servir avec une pincée de gros sel… Mais ii y a un secret, c’est d’en faire cuire quinze à la fois… au moins. »*133.

 

Sources :

Mémoire de maîtrise de Dominique BRUNET, Lyon et les mères lyonnaises, soutenu en 1997 à l'université Jean Moulin Lyon III.
Wikipédia et Google Images 
129 Pitte J.R., La gastronomie fran9aise, histoire et géographie d'une passion, op.cit., p.228.
130 Entretien avec M. Robert Duffaut, restaurateur au Vivarais, place Gailleton (2° arr.).
131 Opération longue et délicate, bien que la peau des volailles de Bresse soil plus solide que celle des autres régions telles que l'Allier.
132 Le bouillon doit mijoter 
Eugénie Brazier – Portrait

Eugénie Brazier – Portrait

Actualité Mères Lyonnaises Non classé

Au xixe siècle et au début du xxe siècle, beaucoup de restaurants de Lyon étaient tenus par des femmes, surnommées « Les Mères ».

Les Halles de Lyon- Paul Bocuse leur font aujourd’hui honneur, en baptisant leurs allées au noms des ces dames :

  • La « Mère BRAZIER »
  • La « Grande MARCELLE »
  • La « Mère BIZOLON »
  • La « Mère FILLOUX »
  • La « Mère CAMILLE »
  • La « Mère VITTET »

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Zoom sur Madame Brazier, « une mère » restauratrice bien connue des Lyonnais.

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Eugénie Brazier voit le jour le 12 juin 1895 dans l’ain.
Elle grandit dans la commune de Dompière sur Veyle, au milieu des fermes bressanes et entourée d’animaux. C’est dans ce cadre qu’elle apprend les bases de cette cuisine locale, à la fois riche et généreuse.

C’est à l’âge de 19 ans, qu’Eugénie part vivre à Lyon. Elle y est embauchée en tant que nourrice dans une maison bourgeoise et c’est par hasard, alors que la cuisinière en poste tombe malade, qu’elle devient responsable de la cuisine familiale.

C’est en 1915, alors qu’elle est âgée de 20 ans qu’elle décide de faire de la cuisine, devenue une véritable vocation, son métier. Elle embauche à la fin de la 1ère guerre mondiale dans le restaurant de la Mère Fillioux (rue Duquesne) ou elle fera son apprentissage.

Elle prendra ensuite place derrière les fourneaux de la « Brasserie du Dragon »,  où elle se fait une solide réputation.

 

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En 1921, Mme Brazier décide de se lancer à son compte et ouvre son premier restaurant, l’actuel bouchon lyonnais typique du 12 rue Royale. (*Photo)

Si les débuts sont difficiles, le petit bouchon devient, grâce aux éloges des critiques gastronomiques de l’époque, une des tables les plus prisées de Lyon. 

 

 

 

 

 

 

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Eugénie qui aime se retirer dans le calme des hauteurs du Col de Luère à Pollionnay, est rejointe par ses amis, qui la pressent d’y ouvrir son second restaurant. Le petit chalet devient en 1929, l’annexe du restaurant lyonnais pendant la période estivale et les week-ends. (*Photo)

 

En 1932, ses deux restaurants sont récompensés de 2 étoiles au Guide Michelin, puis de 3 en 1933 ! Un exploit qu’aucun cuisinier Français ne réitérera avant Alain Ducasse en 1997. 

Edouard Herriot, maire de Lyon à l’époque dira : « Elle fait plus que moi pour la renommée de la ville ! » 

 

 

 

Mme Eugénie Brazier, passera la main à son fils Gaston en 1968.

Cette grande dame de la gastronomie Française tirera sa révérence en 1977 à l’âge de 81 ans, en laissant derrière elle, un patrimoine gastronomique immense, dont bon nombre de cuisinier s’inspirent encore aujourd’hui.

 

Anecdote : En 1946, Paul Bocuse, alors âgé de 20 ans, de retour à Lyon après sa mobilisation pendant la seconde guerre mondiale, débute son apprentissage chez Eugénie Brazier au à Pollionnay où, en plus de faire la cuisine, il entretient le jardin potager, trait les vaches, fait la lessive et le repassage.
(*Photo de Mme Brazier et sa brigade sur laquelle on distingue Paul Bocuse à gauche).

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sources : wikipédia, google images.